lundi 28 avril 2014

Un peu de pub

Pas d'émission la semaine prochaine, alors si vous êtes en chien de bon son, hésitez pas à aller faire un tour là-dessus : L'arbrakam. Une bande de potes qui se font tourner leurs découvertes du moment. Une mine d'or, ça part un peu dans tous les sens, mais y a vlà les belles choses. Ca par exemple, un des derniers posts, frisson garanti pour celles-ceux qui connaissent l'original, et les autres :




Tant qu'on y est, un grand merci à Ben Dub pour ses encouragements. Il fait depuis quelques temps déjà  une très chouette émission sur Radio Diwa. Un bon obsessionnel de la musique noire, d'un peu partout. Toutes ses émissions sont podcastables, et y a des bonnes perles obscures à pécho : A la recherche du groove perdu.



Bon, ça c'est vraiment mainstream, mais c'est bien fait... Pour les inconsolables du prince de Bel-air, et c'est les Roots au son, comme d'hab chez Fallon...



Et puis un grand merci aux gens qui ont pondu cet article élogieux sur notre petite émission, ça fait vraiment vraiment plaisir : « Des champs de coton aux ghettos de New-York », aperçu musical de la révolte noire. Profitez-en pour vous ballader sur le site, ya beaucoup de choses intéressantes même pour les non-parigots.

Enfin, hésitez pas à aller faire un tour sur le blog de quartierslibres.
Un collectif de gens qui vivent et et travaillent en banlieue, et qui veulent produire de la réflexion sur la vie politique et culturelle des tiéquars pour nourrir les luttes. Parce que "le savoir est une arme", ils creusent des thématiques pour sortir des caricatures médiatiques et des clichetons. Ils font depuis peu une très bonne émission sur FPP à Paname, podcastable sur leur bandcamp. Des sujets importants, traités avec finesse. Je vous conseille spécialement les spéciales sionnisme, islamophobie, complot. De quoi contrecarrer nos ennemis dont la pensée diffuse parfois très proche de nous.
Big up à eux, support !

Hybrid Station

https://www.facebook.com/hybridstationmusicale?ref=stream&hc_location=stream

La semaine prochaine, pas d'émission, c'est la semaine d'Hybrid Station, émission musicale trèèès éclectique qui lorgne pas mal du côté de l'électro. Sélection et présentation par Abraxxas et Quart de tour. Cliquez sur l'image pour leur Facebook. Aussi en Streaming sur le site de La Locale.

Et puis ça c'est Vendredi :

mercredi 23 avril 2014

Episode 6 : "I' got the blues"


Quand l’esclavage est officiellement aboli en 1865, les anciens esclaves sont contraints de louer leur force de travail dans les mêmes plantations ou sur les pharaoniques chantiers de construction : la digue du Mississippi, les voies de chemin de fer, les routes. Errance, misère, et la prison ou la mort qui menace à chaque coin de rue, avec les lois de ségrégation (le fameux système Jim Crow, du nom d’un personnage de minstrel show, ces spectacles dans lesquels des Blancs se grimaient au charbon pour singer le mode de vie des Noirs) qui très vite après cette illusoire abolition se mettent en place dans le Sud pour que les Noirs restent à la seule place que leur concèdent les Blancs suprémacistes : moins que des chiens.

Une des seules choses que gagnent les Noirs avec l’émancipation, ce n’est pas la liberté ; seulement quelques heures de « loisirs » dans la semaine. Ils découvrent aussi la solitude, la guerre de tous contre tous pour essayer de gagner misérablement de quoi survivre. C’est de ça que va naître le Blues : quand tu as les mains libres et que plus personne n’est là pour t’accompagner, tu te saisis d’un instrument pour t’accompagner, celui du maître, la guitare. C’est elle qui va faire le contre-chant typique des musiques africaines américaines, la réponse à l’appel que tu lances au collectif dans les champs, en prison ou à l’Église. Le Blues va devenir la musique de ces hommes seuls qui vont de plantation en plantation, de chantier en camps de travail. La musique de ceux que Dieu a abandonné, et qui le répudient, la musique du diable. Une musique qui tire son nom d’une sensation, faite d’abandon, de fatalité, de désespoir, et qu’on chante pour tenter de s’en défaire.

Une musique d’exil aussi, qui accompagne la fuite vers les villes du Nord, où on espère trouver la terre promise des spirituals, dans la vie sur Terre. Une musique de désillusion. Des champs de coton aux ghettos, mais toujours « no place to go »..

L'émission : BCK MIR 6 "Got the Blues"
La playlist : BCK MIR 6 Blues

Quelques vidéos :











mardi 15 avril 2014

Episode 5 : " We 'got soul ! "




Dans les premiers temps de l’esclavage, les Noirs étaient considérés comme comme de simples outils de travail, comme du bétail dépourvu d’âme, ce qui justifiait moralement la condition qui leur était faite. Toute pratique religieuse leur était interdite, la leur et celle du maître.

Les choses se mirent à changer au 18ème siècle, avec les deux vagues d’évangélisation qu’on appela le « Grand réveil ». Des évangélistes venus du Nord convertirent massivement les esclaves au protestantisme, d’abord contre la volonté des maîtres. Mais en ces temps où les révoltes d’esclaves se faisaient de plus en plus menaçantes, ils y virent vite leur intérêt : la religion semblait apaiser le cheptel humain dont ils disposaient. La promesse d’un monde meilleur, la perspective d’une justice divine dans l’au delà semblait le rendre plus docile. On ouvrit des Eglises Noires, on y plaça des pasteurs Noirs, venus du Nord ou affranchis, qui formèrent ensuite la première classe moyenne Noire. On retourna aussi la justification morale de l’esclavage : si on réduisait ainsi des hommes et des femmes à cette condition, c’était au nom de la mission divine de l’homme blanc, qui devait amener ces sauvages vers Dieu. Mais ce que n’avaient pas prévu les maîtres, c’est que ces lieux de culte réservés aux Noirs devinrent aussi des lieux de rencontre, de réunion, parfois même de conspiration. On pouvait se retrouver entre frères et sœurs, loin du regard de l’homme blanc.

Dans ces églises naquit une nouvelle forme musicale, qui était une version Noire des psaumes : les « spirituals ». Rythmés par les claquement de main et de pieds, battis sur le modèle de la « question/réponse » né dans les champs, conçus pour mener à la transe, on pouvait y mettre toute sa douleur, sa révolte et son espérance. En s’adressant à Dieu, on pouvait exorciser sa peine. Mais parfois, l’espoir se faisait plus terrestre. De nombreux spirituals possèdent un double sens, et on peut y lire des appels masqués à l’évasion, au soulèvement, la croyance que justice sera peut être faite sur cette Terre, dans cette vie.

Plus tard, c’est le mariage impie entre cette musique divine et le blues, musique du diable, qui va donner naissance à la « soul music », littéralement la « musique de l’âme ». Belle ironie : c’est d’un peuple prétendument sans âme que va naître la musique de l’âme par excellence.

L'émission : BCK MIR 5
La playlist : BCK MIR 5 PLAYLIST


lundi 7 avril 2014

EPISODE 4 : " Ma musique est née dans un champs de coton "



On retourne aux USA, lieu de naissance du Hip-hop, et on s'intéresse plus spécialement aux work songs et à ce qui les a fait naître : l'esclavage, un système économique très rentable qui a fait des USA la première puissance du monde. Puis on fera un petit tour de quelques nouveautés marquantes des dernières semaines. Un grand merci à ceux et celles qui nous écoutent et nous encouragent, faites passer le message !

L'émission : BCK MIR 4
La playlist : BCK MIR 4 PLAYLIST

Quelques vidéos :







LADIES

Un survol du Hip-hop UK en deux heures c'était vraiment une blague...
On a volontairement fait l'impasse sur la scène grime et garage, par goût et manque de temps.
Une auditrice exigeante et passionnée nous rappelle à juste titre que ce choix nous avait fait passer sous silence toute une nouvelle génération de Femcees surdouées et insolentes, qui font la nique aux bonhommes sur leur soi-disant terrain.
On retournera en Angleterre dans une prochaine émission, mais voilà quand même un aperçu de ce qu'elles savent faire, flows gouts ragga et lyrics provo sur des sons épileptiques. Puuuuuuull up !


mercredi 2 avril 2014

ZAD

Black Mirror est maintenant rediffusé le mercredi à 12 H sur radio Klaxon, la radio pirate de la ZAD (zone à défendre), là où doit se construire le futur grand aéroport de l'Ouest, cher à l'ex premier ministre, ex maire de Nantes.
Plus d'infos sur cette lutte par là : ZAD
Courage aux occupant-e-s et aux enfermé-e-s.